Signes et maisons astrologiques : comprendre enfin la différence.
- Emmanuelle Maïsetti
- 16 oct.
- 4 min de lecture
Voici l'une des plus grossières erreurs conceptuelles de l'astrologie moderne : l'association signes et maisons astrologiques.
C'est pourtant avec cette petite astuce que j'ai réussi à intégrer rapidement la signification des signes et des maisons astrologiques. J'avais pu ainsi économiser la peine d'apprendre 12 symboles supplémentaires. La maison I = Bélier. Fastoche !
Sauf que ça ne marche pas. Ils ne sont pas interchangeables.
Les signes parlent de la nature des choses.
Les maisons parlent de la fonction des choses.
Prenez le métal. Il est dur par nature, c'est sa qualité permanente, son essence — les signes.
Dans notre vie de tous les jours, on serait bien aise d'avoir uniquement du "métal" pour touiller notre café, démonter un pneu ou orner nos poignets. On a besoin de différencier la matière pour pouvoir l'utiliser. Et ce qui nous permet de différencier, c'est la fonction — les maisons astrologiques.
Quand on dit que " la maison I = Bélier ",
c'est comme dire " touiller le café = métal ".
Ça n'a aucun sens !
Grâce aux maisons/fonctions, vous pouvez touiller votre café avec une cuiller et non avec un démonte-pneu.
Pour aller un peu plus loin et comprendre pourquoi les maisons sont la fonction et les signes sont l'essence, je vous propose de faire un tour chez les anciens et revoir quelques bases d'astronomie.
L'origine des signes astrologiques
Les signes du zodiaque sont nés de l'observation du parcours du cycle annuel du soleil et du mouvement des planètes. Les anciens avaient remarqué que le soleil suivait un chemin relativement étroit dans le ciel : l'écliptique.
La nuit, ils ont également remarqué que les planètes se déplaçaient parmi les étoiles fixes, mais sans jamais s'éloigner de plus de quelques degrés de ce chemin : c'est la bande zodiacale. C'est la division de cette bande en 12 parties de 30° chacune qui a donné naissance au 12 signes du Zodiaque.
Sur l'image ci-dessous, vous voyez que le Soleil ne se lève pas toujours au même endroit, il semble se décaler vers l'Est, puis revenir : c'est cet espacement qui va définir la bande zodiacale. L'écliptique, c'est cette ligne imaginaire au milieu.

Ce découpage servait à marquer le temps : le retour des saisons, le rythme des travaux agricoles, et d'anticiper tous les autres événements cycliques annuels.
Les signes du zodiaque sont donc les marqueurs du temps qui passe, lent, cyclique et universel.
L'origine des maisons astrologiques
Si maintenant, vous observez le même ciel, non plus jour après jour, mais au cours d'une seule journée, que voyez-vous ?
Le Soleil se lève à l'Est, grimpe dans le ciel jusqu'au Zénith, puis redescend jusqu'à son coucher à l'ouest. Tout le ciel parait faire un tour complet autour de la Terre en 24 h.
C'est ce mouvement qui fait se lever et se coucher les astres sur l'horizon.
Et c'est de ça dont parle les maisons astrologiques, de la place des astres dans le ciel.
Imaginez deux villes : Istanbul et Lisbonne.
La même nuit, à la même heure, la Lune est dans le signe du Lion. Tous la voient dans cette portion du ciel. Seulement, à Istanbul, elle est haute dans le ciel, alors qu'à Lisbonne, elle s'approche de son coucher.
La même Lune en Lion (même nature, même qualité) n'a pas la même incidence selon où l'on se trouve sur Terre. Et c'est ça que les anciens ont voulu faire apparaître dans leurs conceptions astrologiques : la position de l'observateur sur la Terre.
Les maisons sont donc les marqueurs du lieu, de l'espace local, et non du temps.
Deux concepts complémentaires, mais non miscible
L'astrologie se fonde sur deux principes certes corrélés et complémentaires, mais qui ne peuvent pas être intervertis.
Le Bélier marque un moment du cycle annuel : c'est le printemps universel, appartenant à la sphère céleste.
La maison I parle d'un point d'émergence singulier dans l'espace, appartenant à la sphère terrestre dite " sublunaire ".
Certes, il y a une analogie entre Bélier et Maison I, mais elle n'est pas structurelle et s'essouffle rapidement à mesure que l'on progresse dans le Zodiaque.
En confondant ces deux ordres, l'astrologie moderne a brouillé la hiérarchie même du cosmos. Assimiler la naissance d’un individu à une naissance céleste est révélateur de l’esprit moderne : c’est vouloir ramener le ciel à la mesure de l’homme, au lieu d’élever l’homme à la mesure du ciel.
Les signes appartiennent à la sphère céleste — ils parle
t de la nature des choses, de leur qualité intemporelle. Les maisons, elles, sont terrestres — elles traduisent leur fonction, leur mode de manifestation ici-bas.
Confondre les deux, c’est effacer la frontière entre le monde des causes et celui des effets : un glissement typiquement moderne, où l’homme prétend être le ciel qu’il observe.
Jetez un œil aux videos YouTube de Connor Paton, ses prises de vue du ciel étoilé sont saisissantes !
Pour rejoindre ma newsletter Le Flogistique, c'est par ici.
Commentaires